Le leader de demain sera inspiré

 

 

Dans le post L’entreprise libérée n’est pas une méthode… mais une philosophie, il était question du passage d’une pensée linéaire et mécaniste à une pensée complexe et philosophique.

Ce changement de paradigme de l’approche managériale et de la stratégie d’entreprise est un défi de taille. Depuis notre plus jeune âge nous avons été éduqués à suivre des logiques linéaires. La pensée complexe, elle, était mise sur la carreau car étiquetée « trop fouillis », « dispersée » ou « pas claire ». Et si c’est dans ce bouillon, soi-disant bordélique, que se trouvent les réponses aux nouveaux défis contemporains ?

Je rappelle la définition de la pensée complexe d’Edgar Morin :

La pensée complexe, c’est tout d’abord une pensée qui relie. C’est le sens le plus proche du terme complexus (ce qui est tissé ensemble). Cela veut dire que par opposition au mode de pensée traditionnel, qui découpe les champs de connaissances en disciplines et les compartimente, la pensée complexe est un mode de reliance. Elle est donc contre l’isolement des objets de connaissance ; elle les restitue dans leur contexte et si possible dans la globalité dont ils font partie (1).

Imaginons que le constat se vérifie. Nous serions contraints de succomber à une évidence : qu’il est facile de se perdre dans les méandres de la pensée complexe ! Avec un cerveau gauche bien structuré, vous pourriez voguer dans l’infini des possibilités sans ne jamais vous en sortir. La logique binaire comparative, de type « Oui-Non », exploserait en miettes quand le « pourquoi pas ? » s’inviterait à la fête. Et si, en dépit de la surchauffe intellectuelle, vous vous acharniez à maitriser toutes les variables… Pouf ! Vous grilleriez un fusible en route.

Les mutations contemporaines du marché et des habitudes de consommation, nous obligent à accepter que la pensée complexe en entreprise s’impose à la moindre question. Modéliser et compartimenter devient une affaire d’équilibriste et nous sommes obligés d’accepter deux choses :

  1. De ne plus tout maîtriser
  2. De laisser une place à l’ « inexplicable »

Etudiez les grands de l’économie, de l’entreprise, de la politique, de l’histoire ou de l’art et vous trouverez un point commun qui les lie : ils étaient inspirés… bien au-delà de la capacité de leur cerveau rationnel. Certains l’exprimeront ouvertement, en termes sans équivoque.

Le leadership : une nouvelle Terra Incognita

La pensée complexe en entreprise, quand elle nous dépasse,  mène à un lâcher prise rempli d’opportunités. Pour certains, elle pourra être une voie royale vers le n’importe quoi, nourri de choix irrationnels, de désengagement ou de capitulation. Pour d’autres, les aventuriers du nouveau management, elle ouvrira, entre autres, les portes d’un espace intérieur insondable, non mesurable, où nait l’intuition, cette voix profonde qui parle et montre le chemin à suivre, comme une lumière qui vous guide, dans le labyrinthe de la pensée, pour arriver au meilleur port.

L’intuition accepte de ne pas comprendre car elle sait. Quand elle nous parle, elle vise juste. Pour ceux qui osent le reconnaitre, comme Donna Carpenter, PDG du groupe Burton, leader mondial du marché du snowboard, qui intègre le rôle de VP Intuition à son Conseil d’Administration, le mental et l’intelligence rationnelle se mettent au service de l’intuition pour construire. De l’alliance de ces forces naissent les plus belles œuvres. L’une ne va pas sans les autres.

 

Il n’y a de science qu’avec l’intuition et la déduction.

Descartes

 

Sommes-nous en train de découvrir une nouvelle forme d’intelligence ?

Bien plus que ça. Ce nouveau chemin nous incite non pas à revoir notre intelligence mais toute la notion de potentiel intérieur, qui est plus large, plus inclusive et moins cloisonnée. Une véritable Terra Incognita pour l’entreprise moderne !

 

Le mental intuitif est un don sacré et le mental rationnel est un serviteur fidèle. Nous avons créé une société qui honore le serviteur et a oublié le don.

Albert Einstein 

 

Si la nouvelle entreprise met l’humain au centre, elle entame une mutation de logique dont le paradigme s’inscrit dans la découverte de nouvelles voies vers le succès, encore inexplorées.

Un leader inspiré pourra naviguer dans la pensée complexe avec le gouvernail du potentiel intérieur. La pensée complexe, vue avec le filtre de la pensée rationnelle et linéaire, est un défi de taille, digne des grands génies. Vue avec le filtre de notre potentiel intérieur, elle est un problème qui attend juste que la meilleure solution jaillisse… comme spontanément. Après, il suffira de rebrousser chemin, de la solution à la source du problème, pour construire un parcours. Intuition, ressenti, inspiration, vision… Quand l’humain est au centre de l’équation, la performance passe forcement par son potentiel intérieur, un potentiel inexploré, latent et inspiré. Mais il vous faudra beaucoup de courage pour accepter de faire confiance à un tel chemin ! Surtout quand le futur de votre entreprise en dépend…

Voyez-y le potentiel d’un nouvel avantage concurrentiel, vous y découvrirez beaucoup plus.

 

Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire.

Steve Jobs 

 

Le nouveau dirigeant, le nouveau manager sera intuitif, connecté, hypersensible, hyperesthésique, inspiré et relié à son potentiel intérieur. Il deviendra l’accompagnateur du développement professionnel et personnel de ses collaborateurs, le mentor, guide et acteur de leur épanouissement. Il connaitra l’humain aussi bien que l’entreprise et devra voguer en permanence dans la complexité mélangée de l’humain et de l’économique. Et le changement de paradigme atteindra son zénith quand il réalisera, avant d’agir, qu’il ne réfléchira plus mais qu’il philosophera sur la condition humaine. Ainsi, il trouvera le succès sur les pavés de sa sagesse. Il ne sera plus question de croissance mais d’élévation. Pour lui, ses hommes et son entreprise.

Un vaste programme. Nous n’avons plus qu’à accepter la responsabilité car, de nos jours, aussi triste soit-il, pour beaucoup, il n’y a plus que l’entreprise pour donner du sens à la vie. Mais, là, je m’attaque à une autre histoire… Et ce sera pour un autre post.

(1) Edgar Morin, dans : La pensée complexe : antidote pour les pensées uniques, in Synergies Monde nº4, 2008.

 

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