L’entreprise libérée n’est pas une méthode… mais une philosophie.

 

Ce sont des mots simples qui trahissent le génie. Une vie entière dédiée à la recherche ne justifie pas forcément du génie, peut être une virtuosité née d’une vie de dur labeur.  Le génie porte cette touche intuitive et pionnière qui sème dans des terres inconnues.

Isaac Getz l’incarne quand il dit : « L’entreprise libérée n’est pas une méthode, c’est une philosophie ». Ainsi, il nous ouvre les portes de la transformation de nos approches managériales et de stratégie d’entreprise.

Quand l’humain est au centre de l’équation, comme l’exige l’entreprise libérée, comment voulez-vous modéliser ? Chaque homme est unique, chaque situation aussi. C’est justement cette diversité multi-facettes et polymorphe que le management mécaniste du XXème siècle a essayé de lisser à grands coups de standardisation. Tout doit rentrer dans des cases… ou être éliminé du système comme facteur à risque et défaillant.

Or, quand vous osez l’humain en entreprise au delà de la carotte ou des incentives vous réalisez que l’agilité est aussi un défi contemporain pour le management. Un homme, une problématique, un instant t. Changez d’homme, changez d’instant et vous pouvez ranger dans la corbeille de l’oubli les recettes miracle toutes faites. Au mieux, vous pouvez vous en servir comme socles de réflexion pour établir les fondations de votre stratégie du moment. De la pensée linéaire (d’un point A on va a un point C en passant par un point B) l’entreprise libérée pousse le management dans les méandres de la pensée complexe.

Edgar Morin la décrit ainsi :

« La pensée complexe, c’est tout d’abord une pensée qui relie. C’est le sens le plus proche du terme complexus (ce qui est tissé ensemble). Cela veut dire que par opposition au mode de pensée traditionnel, qui découpe les champs de connaissances en disciplines et les compartimente, la pensée complexe est un mode de reliance. Elle est donc contre l’isolement des objets de connaissance ; elle les restitue dans leur contexte et si possible dans la globalité dont ils font partie » (1).

Face à la complexité, les méthodes mécaniques, de recette miracle omnisciente et applicable dans toutes les situations, deviennent les ingrédients d’une pensée complexe qui mènera à une solution unique, dans une situation unique, dans une entreprise unique, avec des hommes uniques.

Or, dans la liste des ingrédients vous ne pourrez pas oublier les condiments essentiels qui constituent l’être humain, de sa psyché à ses émotions en passant par la culture, entre autres. Bref, l’entreprise libérée devient le terreau d’une approche philosophique où chaque situation justifie une réflexion sur l’humain et sa condition.

De l’économie gestionnaire et mécaniste, aux logiques linéaires, où l’homme est un rouage, nous passons à l’économie philosophique, aux logiques complexes, où l’homme est au centre et où le Sens devient la force motrice qui fait tourner les moteurs de l’entreprise.

(1)Edgar Morin, dans : La pensée complexe : antidote pour les pensées uniques, in Synergies Monde nº4, 2008.

 

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