Un miracle de gestion du temps (et du stress)

Je dois cette pépite à Pierre Lemonier, ancien dirigeant de l’entreprise Comaplast.

Alors que je me remettais difficilement d’un burn out, je suis allé boire un pot avec un groupe d’amis, dont Pierre, pour fêter son départ en surf trip, avec femme et enfants : Côte Basque, Cantabrie, Asturies, Galice, Portugal, Andalousie puis, si le temps et l’envie le permettaient, Maroc. Le périple allait durer deux mois, soit la plupart des grandes vacances des petits. Deux mois…

A cette époque, je comptais un passif de travaillomane aliéné. Pour moi, prendre une semaine de vacances par an était déjà de l’ordre de l’exploit.

 

12 semaines de vacances par an…

Comment fais-tu pour partir en vacances pendant deux mois par an ?, lui demandais-je.

A quoi il me répondit : « Pas que deux mois. Celles-ci ne sont que les vacances d’été. Je prends aussi deux semaines à Noël… et deux autres au premier semestre. »

12 semaines de vacances par an… Incroyable. Mais vrai… Jamais je ne l’aurai cru que je n’avais pas été là pour vivre son départ !

Il est parti et je suis resté quoi. Seul, avec un sentiment profond de m’être trompé quelque part. Mais où ?

Dès son retour, je n’ai pas pu m’empêcher de lui demander son secret. Nous prenions un verre dans un bar et, sur une natte de papier, il a dessiné ceci :

Matrice d'Heisenhower pour une meilleure gestion du temps (et du stress)

 

 

Plus tard, j’appris qu’il s’agissait de la Matrice d’Eisenhower, ancien Président des Etats Unis d’Amérique.

 

Parfois il suffit d’un bout de serviette

Avec un bout de serviette et quatre chiffres, Pierre m’a donné la leçon suivante :

« Les tâches nº4, ne sont ni importantes, ni urgentes et, par conséquent, n’ont aucune incidence sur ton jour le jour. Qu’elles soient faites ou pas n’a pas d’importance. Alors ne te pollue pas la vie avec. Poubelle. Classement vertical sans concession. »

« Les tâches nº3, sont urgentes mais pas importantes. Tu les délègues toutes car, le cas échéant où elles seraient mal accomplies, ce n’est pas important. »

« Les nº1 sont celles qui te créent du stress. Elles t’obligent à réagir dans l’immédiat. Souvent tu n’as pas le temps de réfléchir. Tu as la pression. Il faut faire au plus vite, au mieux, avec les moyens du bord. Bref, tu es en apnée et, souvent, tu n’as pas d’autre choix que de t’y atteler. Celles-ci, tu dois les réduire au strict minimum. Alors, comment faire ? »

« En identifiant les nº2 assez en amont, en les traitant avec du temps pour éviter qu’elles ne deviennent des nº1. Aussi simple que ça. Avant de devenir urgente et importante, une tâche est toujours importante mais pas urgente. C’est à ce moment précis qu’il faut s’en occuper. Ton boulot est de t’occuper des choses importantes puis de t’assurer qu’elles ne deviennent jamais urgentes. On parle d’anticipation. »

« Après tu auras toujours les impondérables, les coups du hasard, les opportunités et les problèmes venus de nulle part. Ils sont imprévisibles et, quand ils arrivent, ils sont importants et urgents. Le but du jeu et de ne traiter que des tâches nº2 pour laisser de l’espace aux éventuelles nº1 qui pourraient s’imposer. Si un nº1 s’impose, comme le reste de tes obligations sont des nº2, elles pourront attendre que tu gère ton nº1. Bref, tu fais de la place facilement et tout ton esprit, toutes tes capacités, se concentrent sur une seule tâche. Ce fameux nº1 qui requiert toute ton attention. Non seulement tu n’es pas pollué par le reste mais en plus tu es plus efficace car tu n’as que ça a penser. Ainsi, tu deviens mettre de ton temps et de ton stress »

« En éliminant les 3 et les 4, tu libères une grosse moitié de ton temps. En traitant les 2  à temps tu élimines la plupart des 1 potentiels et 75% de ton stress, le 25% restant étant pour les imprévus. »

Suite à ça, sur son téléphone, il me montra son agenda électronique. Deux couleurs. Le rouge pour les tâches urgentes et importantes, le bleu pour les tâches importantes, pas urgentes. C’est tout. Et devant mes yeux, des semaines entières d’un bleu apaisant, ponctuées de temps à autre de quelques ilôts de rouge. Un océan de quiétude.

 

Des journées de 4 heures, en plus ?

C’est a cet instant qu’un autre fait marquant me sauta aux yeux. Le regard rivé sur une semaine type, je lui demandais :

Tu ne bosses que 4 heures par jour ?!

« Oui, c’est le temps qu’il me faut pour gérer mes nº2. »

Je finis ma bière, je gardais la serviette dans la poche et je me fis une promesse : un jour, je ferai comme Pierre Lemonier.

 

Cinq ans plus tard…

Cinq ans plus tard, en 2014, j’eus 15 semaines de vacances.

Grand comble : jamais mes entreprises ne s’étaient portées aussi bien. Morale de l’histoire ?

 

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